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Les résultats de l'étude PISA 2006
04-12-2007  (Conférence de presse)

Vers le niveau supérieur

Conférence de presse - Présentation des résultats de PISA 2006Le 4 décembre 2007, Mady Delvaux-Stehres, ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, a présenté les résultats de l’étude PISA 2006. Enquête internationale réalisée tous les 3 ans par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en collaboration avec les pays participant à l’étude, PISA évalue les compétences que les élèves de 15 ans ont acquises dans les domaines des sciences, des mathématiques et de la lecture à la fin de leur scolarité obligatoire.

PISA 2006 a mis l’accent sur la culture scientifique. Au total, 57 pays, dont 30 Etats membres de l’OCDE et 27 pays partenaires, ont participé au projet.

Au Luxembourg, tous les élèves de la tranche d’âge concernée ont été évalués dans le cadre d’une enquête exhaustive, alors que dans la plupart des autres pays, l’évaluation portait sur un échantillon représentatif. Au total, 4.733 élèves se sont soumis au test. Compte tenu du plurilinguisme du système éducatif luxembourgeois, les élèves du Luxembourg pouvaient choisir entre deux langues d’évaluation, le français et l’allemand.

Pour la première fois, l'Université du Luxembourg a été associée à l'évaluation des résultats de PISA.

Les résultats de l’étude PISA 2006

Les principaux résultats de PISA 2006 se résument comme suit :

  • Dans le domaine de la culture scientifique, domaine d’évaluation majeur de PISA 2006, la moyenne du Luxembourg se situe de 14 points en dessous de la moyenne de l’OCDE. Les résultats en compréhension de l’écrit et en culture mathématique sont également inférieurs à la moyenne internationale (de 13 points en compréhension de l’écrit et de 8 points en culture mathématique). Les performances des élèves de 15 ans en culture mathématique et en compréhension de l’écrit sont restées stables entre PISA 2003 et PISA 2006. Pour la culture scientifique, ce type d’analyse ne sera possible qu’à partir de PISA 2009.

  • Les élèves du Luxembourg réalisent des scores inférieurs à la moyenne de l’OCDE dans chacun des domaines analysés en culture scientifique (compétences et connaissances scientifiques). Toutefois, en ce qui concerne le domaine des connaissances scientifiques, il apparaît que les élèves du Luxembourg ont une nette avance dans la catégorie «systèmes vivants» (qui correspond approximativement à la biologie) par rapport aux catégories «systèmes physiques» (qui correspond approximativement à la chimie et à la physique) et «systèmes de la Terre et de l’Univers» (qui correspond approximativement à la géographie). L’avance dans la catégorie « systèmes vivants » correspond à une différence en termes d’apprentissage égal à un peu plus d’une demi-année scolaire.

  • En ce qui concerne l’attitude des élèves vis-à-vis des sciences, on constate que les élèves de l’ES s’intéressent davantage aux thèmes scientifiques et y prennent plus de plaisir que les élèves de l’EST. Les premiers ont une plus haute idée de leurs aptitudes (perception de soi) dans ce domaine et sont beaucoup plus souvent convaincus de pouvoir résoudre des problèmes scientifiques pratiques (sentiment de compétence). En revanche, les différences entre les perceptions des élèves de l’EST et celles des élèves du régime préparatoire sont très faibles à cet égard.

  • Les élèves des lycées ayant participé au projet cycle inférieur (PROCI) affichent une avance de 15 points en sciences, de 17 points en lecture et de 21 points en mathématiques. Alors que 38 points correspondent en général à un gain d’apprentissage d’une année scolaire, on constate que les jeunes qui fréquentent des classes PROCI ont jusqu’à une demi-année scolaire d’avance sur les autres élèves de l’EST.

  • En ce qui concerne les différences de performances entre garçons et filles, les écarts absolus en faveur des garçons en mathématiques et en sciences sont moins sensibles que beaucoup ne le pensaient. Toutefois, ces écarts sont un peu plus marqués au Luxembourg que dans d’autres pays européens. Les garçons sont tendanciellement plus nombreux dans le groupe le plus performant en mathématiques et en sciences.
    Pour ce qui est de la compréhension de l’écrit, les filles sont en moyenne nettement meilleures que les garçons ; les écarts sont toutefois un peu moindres que dans la comparaison internationale. Les garçons sont nettement surreprésentés dans le groupe des élèves peu performants en lecture. Les filles sont présentes en plus grand nombre dans le groupe des élèves très performants en lecture.
    Ces constats relatifs aux différences entre les sexes étaient pratiquement identiques lors du cycle PISA 2003.

  • Les écarts de performances entre les élèves luxembourgeois et les élèves étrangers, qui représentent environ un tiers de la population scolaire totale, sont très élevés en comparaison avec les autres pays européens. Ainsi, ces différences correspondent de 1,5 à 2 années de retard scolaire dans le système éducatif luxembourgeois. Les discriminations entre les élèves issus de milieux socio-économiquement « favorisés » et « défavorisés » sont encore plus accentuées puisqu’elles représentent de 2 à 2,5 années de retard scolaire. Ces constats sont comparables à ceux du PISA 2003.

  • Les variations de performance entre les différents établissements scolaires sont extrêmement faibles si l’on tient compte des facteurs externes que les écoles ne peuvent pas directement influencer. Les écarts de performance s’expliquent pour plus de 98% à partir des filières d’enseignement, du sexe, du statut socio-économique des parents, du contexte d’immigration et de la langue parlée à la maison.

  • Comparant les résultats entre les différents ordres d’enseignement, on constate des écarts variant entre 93 et 101 points (comparaison ES-EST) et entre 120 et 148 points (comparaison EST-régime préparatoire). Ces écarts sont observés dans les 3 domaines d’évaluation, l’écart le plus sensible étant toujours observé en lecture. Dans l’hypothèse d’un gain d’apprentissage moyen de 38 points par an, l’écart arithmétique ES-EST peut aller jusqu’à deux ans et demi en moyenne, l’écart EST-préparatoire se chiffrant quant à lui à près de quatre ans. L’écart entre les élèves de l’ES et ceux du régime préparatoire se situe entre ± cinq ans et demi (mathématiques) et 6 ans et demi (lecture). Ces écarts de performance sont partiellement dus aux différences dans la composition de la population des trois filières: sexe, âge, statut social, lieu de naissance et langues parlées à la maison.


Conclusions et perspectives

"Les résultats confirment que la gestion efficace de l'hétérogénéité des élèves demeure le plus grand défi du système scolaire luxembourgeois" a affirmé Mady Delvaux-Stehres. Néanmoins, la ministre s'est réjouie du fait que les élèves des lycées qui ont participé au projet cycle inférieur (PROCI) obtiennent des scores plus élevés que les autres élèves de l'enseignement secondaire technique. "Nous avons donc la preuve que nous disposons d'instruments dont la mise en oeuvre nous permettra de mieux prendre en charge l'hétérogénéité. Au vu des résultats obtenus par les classes PROCI, la ministre a annoncé la continuation et l'extension du PROCI à d'autres classes.

L’amélioration de la culture scientifique de tous les élèves constitue un autre grand objectif qui se dégage des conclusions de PISA 2006. " L'école doit transmettre à tous les jeunes les connaissances en sciences naturelles et en technologie nécessaires pour comprendre l’environnement naturel et humain, de même que les compétences pour analyser des problèmes sociétaux de nature scientifique et technique et pour prendre les décisions qui s'imposent en connaissance de cause. Nous devons donc motiver un plus grand nombre de jeunes à s'intéresser aux sciences et à s'engager dans une filière scientifique" a conclu Mady Delvaux-Stehres.

Pour répondre à ce défi, la minsitre a présenté deux grands champs d'action:

  • L'introduction d’un cours de sciences naturelles en classes de 7e et 6e/8e de l'enseignement secondaire et secondaire technique

    Un nouveau cours « sciences naturelles » sera introduit aux classes de 7e et de 6e/8e de l’enseignement secondaire et secondaire technique. Il s’agit d’un cours conçu dans une approche pluridisciplinaire entre la biologie, la chimie et la physique qui s’articulera autour de thèmes communs à ces 3 branches.

    L’introduction de ce cours répondra à la nécessité d’assurer une continuité de l’enseignement des sciences au cycle inférieur de l’enseignement post-primaire. En effet, actuellement, entre les cours d’éveil aux sciences et de sciences naturelles à l’école primaire et les cours de biologie, de chimie et de physique aux classes supérieures de l’enseignement post-primaire, l'enseignement des sciences est quasiment interrompu dans les classes de 7e, 6e et 5e . Or, c'est précisément à l'âge de 12 - 13 ans que la plupart des jeunes, les garçons comme les filles, sont fortement intéressés par les sciences et la technique.

    Le cours de sciences naturelles fonctionnera à partir de la rentrée 2008-2009 en classe de 7e à raison de 3 leçons hebdomadaires. À partir de la rentrée 2009-2010, le cours de sciences naturelles sera étendu aux classes de 6e/8e. Une grande importance sera accordée aux travaux pratiques de même qu’au volet communicatif.


  • La définition des socles de compétences dans les branches scientifiques

    Tout comme en langues et en mathématiques, le ministère est actuellement en train de définir les objectifs de l’enseignement des sciences : il s’agit des compétences et connaissances que tous les élèves devront acquérir à différentes étapes de leur parcours scolaire. La définition de socles de compétences en sciences se fait tant pour l’enseignement primaire que pour l’enseignement post-primaire.

    À l’enseignement post-primaire, une première version d’un socle de compétences pour l’enseignement des sciences naturelles a été élaboré par une équipe pluridisciplinaire. Elle servira de base au cours de sciences naturelles qui sera introduit en classes de 7e et de 6e / 8e.

    Le socle vise 4 domaines de compétence principaux, à savoir : s'approprier des connaissances scientifiques ; s'approprier et maîtriser une démarche scientifique ; argumenter à l'aide de connaissances scientifiques ; et communiquer en sciences.

Le détail des résultats de l’étude PISA, les graphiques afférents et les réponses aux défis identifiés sont présentés dans le document PISA 2006 - Présentation des résultats du Luxembourg: graphiques et commentaires et dans le dossier de presse téléchargeables ci-après.




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      Liens externes    
    * Site de l'OCDE    
               
      Téléchargements internes   Formats    
    * PISA 2006 - Présentation des résultats du Luxembourg: graphiques et commentaires   PDF (945 Ko)    
    * PISA 2006: Rapport national Luxembourg   HTML ( Ko)    
    * PISA 2006: Nationaler Bericht Luxemburg   HTML ( Ko)    
    * Dossier de presse: PISA 2006   PDF (58 Ko)    
    * Débat de consultation à la Chambre des députés   PDF (118 Ko)    
     
 

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