Bildungsbericht 2015 : le défi de l’hétérogénéité confirmé

bildungsbericht-klump lenz meischLe 22 avril 2015, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, le recteur de l’Université du Luxembourg, Prof Dr Rainer Klump, et le Dr Thomas Lenz de l’Université du Luxembourg ont présenté les constats-clés et les conclusions de la première édition du Bildungsbericht Luxemburg

Le Bildungsbericht est un rapport descriptif de la qualité du système éducatif luxembourgeois. La loi du 6 février 2009 portant sur le SCRIPT (Service de coordination de la recherche et de l’innovation pédagogiques et technologiques) prévoit qu’il soit élaboré tous les cinq ans par un groupe d’experts désigné par le ministre. Cet état des lieux régulier servira de base objective aux débats sur l’école et aux décisions de politique scolaire.

L’élaboration du premier rapport a été confiée à l’Université du Luxembourg.

Le Bildungsbericht 2015 comporte deux parties :

Les constats clés du Bildungsbericht 2015

Inégalités sociales : À l’enseignement fondamental comme à l’enseignement secondaire, on constate des inégalités en fonction du statut socio-économique, du contexte migratoire et du sexe. Un milieu d’origine socialement défavorisé, un contexte migratoire et l’appartenance au sexe masculin peuvent être considérés comme « des facteurs de risque ». Le cumul de ces facteurs amplifie les risques d’échec scolaire.

Redoublement : À l’enseignement secondaire et secondaire technique, la décision de promotion ou de redoublement ne dépend pas exclusivement de la performance scolaire proprement dite (note générale moyenne), mais également de la nationalité des élèves et du statut socio-économique. Pendant la première année de redoublement, les élèves redoublants sont avantagés par rapport aux élèves qui l’année précédente avaient les mêmes performances scolaires, mais qui n’ont pas dû redoubler. Cet écart s’estompe cependant dès la deuxième année, prouvant ainsi que le redoublement n’a pas d’effet positif durable et qu’il ne constitue donc pas une mesure efficace pour la réussite scolaire.

Orientation de l’école fondamentale au lycée : La décision d’orientation est elle aussi sélective au niveau social : elle ne dépend pas uniquement des performances scolaires, mais est également impactée par l’avis des parents, le statut socio-économique et le contexte migratoire.

Confirmation des défis et des priorités engagées

Le Bildungsbericht confirme le défi fondamental du système éducatif luxembourgeois, à savoir sa difficulté de gérer l’hétérogénéité de ses élèves. L’école luxembourgeoise est particulièrement vulnérable aux inégalités d’éducation vu la forte corrélation qui existe entre les langues parlées, le statut migratoire et le statut socio-économique, voire leur effet cumulatif pour un grand nombre d’élèves. Pour le ministre Claude Meisch, le constat que l’école n’honore pas les performances scolaires d’une manière équitable - le statut socio-économique et la langue désavantageant les élèves indépendamment de leurs notes générales moyennes - est particulièrement interpellant.

Ces constats soulignent la nécessité de continuer à adapter l’école luxembourgeoise pour amener tous ses élèves au maximum de leurs capacités personnelles. Ils confirment plus particulièrement les ambitions du programme gouvernemental et les champs d’action engagés par le ministère, dont notamment :

  • un système d’accueil de qualité pour la petite enfance (0 à 3 ans), avec l’introduction de critères de qualité, d’un contrôle de la qualité pédagogique et d’une éducation plurilingue précoce,
  • une orientation et une promotion plus transparentes et plus équitables, fondées sur des critères plus précis, des passerelles facilitées, une procédure d’orientation au lycée adaptée et une démarche d’orientation à définir par chaque lycée,
  • une offre scolaire plus diversifiée avec l’extension des filières internationales, francophones et anglophones,
  • une plus grande autonomie des écoles, leur permettant de mieux répondre aux besoins de leurs populations scolaires,
  • la mise en place de mesures de remédiation plus efficaces comme alternatives au redoublement,
  • la responsabilisation des parents et l’instauration d’un véritable partenariat entre les familles et les institutions de l’éducation formelle et informelle.
  • Mis à jour le 22-04-2015