Bewegte Schule und Maison relais : Un projet « pionnier»

160608-bewegte-schule2L’école fondamentale de Nommern accueillait le 8 juin le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, venu présenter à la presse un projet « pionnier » : « Bewegte Schule und Maison relais » (Écoles et Maisons relais en mouvement) introduit l’activité physique dans les salles de classe et dans les maisons relais à raison de 15 à 20 minutes par jour, en dehors du cours d’éducation physique.

« C’est un bon exemple pour montrer comment on peut travailler différemment, en répondant mieux aux besoins de l’enfant, avec des effets bénéfiques réels sur l’apprentissage » s’est réjoui le ministre.

Il s’agit d’introduire des pauses « actives » ou des exercices de relaxation dans le quotidien scolaire, pendant quelques  minutes plusieurs fois par jour, mais aussi d’inclure le mouvement à part entière dans l’apprentissage (lire en marchant, apprendre son vocabulaire dans l’escalier, décliner les verbes en chantant… ). Le mobilier peut aussi être adapté, avec des ballons ergonomiques pour remplacer parfois la chaise, un matelas pour ceux qui veulent lire couchés, un grand tapis où se réunir.

Dans les maisons relais, l’activité physique est favorisée avant, pendant et après le moment consacré aux devoirs.

Non seulement la santé des enfants s’améliore, mais leurs capacités cognitives aussi et donc leurs résultats scolaires. L’inspectrice de l’enseignement fondamental qui coordonne le projet, Diane Dhur, a cité une étude allemande qui montre que chez les élèves qui pratiquent une activité physique soutenue pendant la récréation et bougent en classe, la concentration augmente nettement au fil des heures de cours. Chez les enfants qui ne profitent pas de cette opportunité, la concentration baisse continuellement au cours de la journée scolaire.

« Sollicités constamment par de nouveaux jeux, par l’ordinateur ou la télévision, les 8-9 ans ont une capacité de concentration de 15 minutes consécutives, pas plus » note Diane Dhur. « En classe, les enseignants constatent des enfants plus remuants, voire des  troubles du comportement.»

160608-bewegte-schule1À partir de ce constat, le projet-pilote «Bewegte Schule und Maison relais» a été lancé en 2014, dans les écoles des communes de Fischbach (Angelsberg), Larochette et Nommern. Il s’inscrit dans le cadre du plan national « Gesond iessen, méi bewegen » (Manger sainement, bouger plus) mis en place en 2006 par les ministères de l’Éducation nationale, de la Famille, de la Santé et des Sports pour sensibiliser les jeunes à une bonne alimentation et à l’activité physique.

Dès la rentrée 2016, le projet-pilote sera élargi à sept écoles supplémentaires (dix au total) dans le 17e arrondissement de l’enseignement fondamental: Bissen, Boevange/Attert,  Lintgen, Lorentzweiler, Mersch, Saeul et Vichten. Quelque 2.500 élèves profiteront de ces écoles et maisons relais en mouvement.

Une bonne nouvelle, pour le ministre Claude Meisch qui salue le travail des enseignants et leur disponibilité à adapter leur façon d’enseigner. « J’espère que de nombreuses communes et écoles s’en inspireront. Le projet sera documenté pour permettre une transposition généralisée à travers tout le pays. Il faut que d’autres enseignants et enfants puissent profiter du travail développé ici » a lancé le ministre.

Le projet est coordonné par l’inspectrice de l’enseignement fondamental et accompagné par le Service de coordination de la recherche et de l’innovation pédagogiques et technologiques (SCRIPT). Plusieurs formations continues, organisées et certifiées par l’Institut de formation de l’Éducation nationale (IFEN), sont à disposition du personnel enseignant et éducatif. L’évaluation scientifique est assurée par l’Université du Luxembourg.

Le choix des activités est décidé en classe, en fonction du programme du jour. Deux fois dix minutes – matin et après-midi, ou plus de séances –, plus courtes, selon le souhait de l’enseignant et des élèves. Le reste du temps, l’organisation de l’enseignement reste plus «conventionnelle». Les institutrices de Nommern témoignent d’une bonne acceptation du projet, tant par les élèves que par les parents. Ces derniers, un peu étonnés au début, rapportent que leurs enfants appliquent volontiers la méthode «active» pour faire leurs devoirs.

Quelques exemples

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Au cycle 1 les tout-petits se concentrent sur le crayon qu’ils tiennent d’un doigt, par deux, avec pour mission de ne le laisser tomber en aucun cas. En avant, en arrière, à genoux, il faut maintenir le crayon et se coordonner avec son partenaire.

Une autre activité concerne l’initiation au calcul: dès que la musique s’arrête, l’institutrice annonce un chiffre. Les élèves s’arrêtent net de danser et se réunissent par groupe correspondant au chiffre donné: à 2 ou 6 ou 3… 

Dans une classe de cycle 2, la lettre D «comme Dino» est au programme. Deux petites filles assises sur un pupitre «pêchent» des images à terre avec une canne à pêche aimantée. Il faut ensuite classer les images en fonctionne de ce qu’elles représentent. Y a-t-il un D dans le mot?

Plus loin, avec une corde, leurs amies tracent un D qu’elles arpentent à cloche pied. On peut aussi explorer l’alphabet les yeux fermés, avec le bout des doigts…

Au cycle 3, les enfants ont un texte à lire avant de répondre à des questions. Certains choisissent une lecture «active» en marchant le long d’une corde posée sur le sol. D’autres agitent des foulards ou lancent une balle tout en lisant. D’autres encore préfèrent le calme et se couchent par terre.

Dans le cycle 4.2, trois groupes se sont formés. Le premier exerce l’habileté et la cohésion du groupe en se passant un bâton de relais de main en main, de plus en plus vite, dans un sens du cercle puis dans l’autre.

Un second groupe joue aux devinettes avec des cartes posées au sol. Il faut trouver le mot en français.

Le troisième groupe, debout sur un pied, s’affaire à «trouver l’intrus» dans une liste thématique de mots. À chaque «intrus», il faut sauter sur l’autre pied.

  • Mis à jour le 08-06-2016