Cumulé sur plusieurs années, le nombre des élèves qui quittent l'école sans qualification, fait appréhender la naissance d’une frange importante de jeunes socialement marginalisés. Les conséquences du décrochage scolaire sont en effet nombreuses et préoccupantes et affectent tant le jeune sur le plan individuel que la collectivité dans son ensemble. La prévention de l’échec scolaire est d’autant plus importante dans notre contexte économique et social où la situation des personnes non ou peu qualifiées devient de plus en plus précaire.
C’est pourquoi le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle a fait de la lutte contre l’exclusion scolaire une de ses priorités.
Depuis 2003, un suivi personnalisé des élèves qui ont quitté l’école luxembourgeoise sans diplôme est assuré. Le relevé nominatif de ces jeunes est établi de mois en mois et transmis aux centres régionaux de l’Action locale pour Jeunes (ALJ). L’ALJ contacte individuellement les jeunes concernés pour les interroger sur les raisons qui ont entraîné l’arrêt des études et la situation personnelle dans laquelle ils se retrouvent après avoir quitté l’école. Le cas échéant, le soutien de l’ALJ est proposé pour la recherche d’une formation ou d’une école.
Par ailleurs, plusieurs actions et réformes ont été décidées et mises en œuvre pour contribuer à diminuer le taux des non-certifiés et à augmenter globalement le niveau de certification :
- intensification des efforts entrepris par l’Action locale pour Jeunes (ALJ) et le Centre national de formation professionnelle continue (CNFPC) pour réintégrer les jeunes dans un circuit de formation ;
- organisation de cours spécifiques pour les élèves ayant quitté l’école ;
- enseignement par compétences : les socles de compétences sont définies à différents niveaux de l’enseignement de façon à permettre à tout élève d’accéder à un niveau de qualification correspondant à ses capacités ;
- réforme des critères de promotion : cette mesure a atténué certains effets délétères de notre enseignement et a déjà eu des conséquences bénéfiques à l'enseignement secondaire technique;
- suivi plus intense des élèves présentant des problèmes d’apprentissage par les mesures de remédiation inscrites au nouveau règlement de promotion ;
- conditions plus flexibles permettant aux élèves du régime préparatoire d’accéder au cycle inférieur de l’EST et ensuite, aux formations professionnelles ;
- suivi plus intense des élèves présentant des problèmes de comportement dans certains projets, comme par exemple les classes-relais où une équipe interdisciplinaire suit des élèves sortis temporairement de leur classe en vue d’une réintégration ;
- inscription de la médiation scolaire dans la loi du 13 juillet 2006 portant réorganisation du Centre de psychologie et d'orientation scolaires (CPOS) ;
- association d’un lycée, en l’occurrence le Lycée technique Josy Barthel à Mamer, au projet de la psychiatrie juvénile à l’Hôpital de Kirchberg, un projet similaire étant prévu avec le Centre neuro-psychiatrique et le Lycée technique d’Ettelbruck.
Les efforts fournis par l’école luxembourgeoise ont permis une réduction du taux de décrochage scolaire depuis 2003, avec toutefois une légère remontée en 2007/2008. En effet, en 2003/2004, le taux de décrochage scolaire s’élevait à 17,2% ; en 2005/2006 à 14,9% ; en 2006/2007 à 9,4% et enfin en 2007/2008 à 11,2%.
La 4e étude consacrée aux décrocheurs de l’année scolaire 2007/2008 fait en effet état de 1 928 élèves des lycées ayant quitté l’école sans diplôme final. Le travail de prévention et remédiation doit donc se poursuivre.
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