Eng Schoul déi sech këmmert : vers une culture de maintien scolaire dans les écoles

3

Lors d’une conférence de presse le 15 juillet 2015, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, a présenté six pistes pour la lutte contre le décrochage scolaire.

Ces pistes ont été élaborées dans le cadre du symposium « Staying on track » organisé les 9 et 10 juillet au Luxembourg dans le cadre de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE. Elles ambitionnent de relancer la lutte contre le décrochage au niveau européen. Elles traduisent en même temps les efforts que la politique éducative luxembourgeoise entend poursuivre pour réduire l’échec et assurer le maintien scolaire.

Le décrochage, une réalité au Luxembourg

En 2012/2013, le taux de décrochage au Luxembourg, après une stabilisation de plusieurs années à 9 %, a de nouveau augmenté à 11,6 %. Quelque 1700 élèves quittent chaque année nos lycées et lycées techniques sans qualification. S’y ajoutent les jeunes qui, tout en continuant de fréquenter une école, ont intérieurement déjà renoncé aux apprentissages.

Les causes directes du décrochage sont souvent l’échec répété, les transitions difficilement vécues, le manque d’offre scolaire adaptée aux besoins du jeune.

« La lutte contre le décrochage est un effort permanent, et elle doit être l’affaire de tous », a affirmé le ministre Claude Meisch lors de la conférence de presse.

Les 6 pistes européennes et leurs solutions nationales

Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse a déjà entamé les travaux qui concrétisent les six pistes identifiées dans le cadre du symposium européen.

1. Mettre en place une stratégie nationale de lutte contre le décrochage scolaire

  • Organisé en automne 2015, le premier Bildungssommet sera consacré à la réussite scolaire. Il constituera le point de départ des réflexions sur l’élaboration d’une stratégie nationale.
  • Un Observatoire du maintien scolaire sera mis en place en 2016. Il coordonnera les efforts en faveur des élèves menacés de décrochage et initiera des démarches innovantes pour les amener à une certification reconnue.

2. Promouvoir la prévention en créant des synergies dans les régions

  • Le projet de loi sur l’orientation scolaire et professionnelle clarifie les prestations des différents intervenants en matière d’orientation, notamment au sein de la Maison de l’orientation.
  • Des guichets uniques seront mis en place dans les régions. Ils réuniront les acteurs scolaires et extrascolaires pour une meilleure prise en charge des élèves et de leurs parents. 

3. Développer une approche globale de l’école

  • Le projet de loi sur l’orientation scolaire et professionnelle introduira l’obligation pour chaque lycée de définir sa propre démarche d’orientation.
  • La promotion de projets culturels, notamment pour les élèves fragilisés du régime préparatoire, permet à ceux-ci d’apprendre différemment, de découvrir et de promouvoir leurs talents.  

4. Rendre les transitions scolaires plus souples et plus transparentes

  • La pratique d’orientation au cycle 4 de l’enseignement fondamental sera adaptée pour responsabiliser et épauler davantage les acteurs impliqués, tenir compte de l’offre scolaire plus diversifiée et rapprocher l’enseignement fondamental de l’enseignement secondaire.
  • Des profils d’accès seront définis pour l’accès à la formation professionnelle en classe de 10e. Ils guideront les élèves dans leur préparation pour accéder aux différentes formations et permettront une orientation plus ciblée vers la formation convoitée. 

5. Une offre scolaire plus diversifiée

  • À partir de 2015/2016, des filières francophones seront offertes aux classes inférieures du Lycée classique d Diekirch (enseignement secondaire et enseignement secondaire technique) et du Lycée Mathias Adam (enseignement secondaire technique). Dès la rentrée 2016/2017 fonctionneront les premières classes d’une école européenne agréée qui sera mise en place à Differdange. Le ministère entend également lancer une école prioritairement dédiée aux mathématiques, à l’informatique, aux sciences naturelles et à la technique (MINT).

6. Une formation initiale et continue appropriées et un dispositif de remédiation renforcé

  • Un Bachelor en Sciences de l’Éducation sera mis en place. Il mettra un accent particulier sur les troubles cognitifs spécifiques, tels que les troubles du langage et des apprentissages, comme la dyslexie, la dysorthographie, la dysphasie, la dyspraxie et la dyscalculie.
  • Un Master in Secandary Education sera offert à partir de la rentrée  2016/2017.
  • Le futur Institut de formation de l’Éducation nationale mettra en place un dispositif cohérent de stage d’insertion professionnelle et de formation continue pour l’ensemble du personnel enseignant et socio-éducatif. 
  • Chaque lycée sera amené à élaborer une démarche de remédiation dans le cadre d’une autonomie élargie. Une plus grande marge de manœuvre sera accordée aux écoles pour leur permettre de faire les choix pédagogiques adaptés à leurs besoins spécifiques.

7. Renforcer le lien entre parents et école

  • Le ministère entend mettre en place une représentation des parents qui serait mieux ancrée dans l’enseignement secondaire et secondaire technique.
  • Dans le cadre de l’orientation scolaire et professionnelle, la collaboration avec les parents sera promue, notamment au niveau des classes inférieures de l’enseignement secondaire et secondaire technique.

 

2

Dernière mise à jour